Le solo

Lucie Yerlès / Gaspar Schelck

© Pierre-Yves Jortay

Le Solo est une forme hybride et mul­tidisciplinaire, à la frontière entre le spectacle de cirque et la conférence gesticulée. Entre vulgarisation scien­tifique et forme spectaculaire, Le Solo traite du rapport aux émotions au sein d’un numéro de cirque.
Le cirque est un vecteur d’émotions fortes et partagées, mais pourquoi ? Pourquoi le public prend-il du plaisir à voir un.e artiste prendre autant de risques ? Qu’est-qui crée l’empathie entre ce public et le.la circassien.ne ?

Le rapport au public s’en trouve tout à fait décalé : d’un côté, il est directement impliqué dans le spectacle qui est en train de se dérouler et, dans un même temps, placé dans une position d’auto-analyse.
Entre questionnements et illustrations, psychologie et acrobatie aérienne, le spectacle ouvre de manière ludique, une fenêtre sur ce qui se trame dans nos cerveaux avec un désir certain de déplacer les codes habituels du cirque vers un ailleurs inexploré à ce jour.

Prochaines dates


Lun 25/04 – Bord de scène
Pour prolonger la soirée, rencontrez l’équipe artistique après le spectacle.


Interview

« Mon habitat, c’est mon refuge, l’endroit où je passe beaucoup de temps à lire, à écrire, à réfléchir. »

Comment habitez-vous le temps ?
Mon habitat, c’est mon refuge, l’endroit où je passe beaucoup de temps à lire, à écrire, à réfléchir ; il s’agit de mon endroit, celui où je travaille énormément. J’habite en colocation ; aussi, être entourée de personnes qui ne sont pas du milieu artistique me fait beaucoup de bien. C’est très enrichissant de pouvoir partager un processus de création avec des gens qui n’en font pas du tout partie. M’extraire de ce monde artistique qui, à certains moments, tourne un peu en rond, me permet d’apporter un autre regard et de remettre certaines choses à leur place.

À quel moment avez-vous eu l’idée de vous lancer dans votre projet de création ?
Je ne me dédiais pas à devenir porteuse de projet ou metteuse en scène car je suis avant tout une interprête. Mon parcours est un peu particulier : j’ai fait une formation de circassienne pendant 5 ans puis, j’ai arrêté car j’ai fait un bachelier en psycho. Évidemment, des liens se sont créés entre les deux ; dès ma première année de cours de psycho, j’ai essayé de comprendre certains aspects de ma discipline. Je n’ai pas pensé tout de suite que cela deviendrait un spectacle ! L’aspect pédagogique et le croisement entre le cirque et la psycho m’ont vraiment passionnée.

Comment votre projet de création a-t-il évolué au fil du temps ?
La mise en marche intellectuelle a duré des années mais le processus de création en tant que tel fut très court ! Cela a été très intense depuis le début, entre les démarches en tant que porteuse de projet et mon rôle d’interprète. Ensuite, Gaspar est arrivé dans le projet et ce fut une expérience humaine intense ; cette co-création a nourri le spectacle, l’a rendu encore plus riche !

Comment appréhendez-vous ce « temps éphémère » passé au plateau par rapport au « temps long » passé à  la conception du spectacle ?
La première du spectacle a déjà eu lieu, je suis actuellement dans un contexte tout autre que celui de la création ; je me retrouve donc sur scène, au contact du public en tant qu’interprète et cela est très différent, j’adore ça ! Je me rends compte que devoir me reconnecter au temps éphémère de la représentation est essentiel pour moi.

Avez-vous la notion du temps ?
Je vis au jour le jour mais je suis assez organisée. J’essaye de ne pas trop me projeter dans le futur car en tant qu’artiste, j’ai des périodes plus « creuses » et cela pourrait m’angoisser, d’y penser à l’avance ! Donc je suis pour le temps présent.

Qu’est-ce que le temps perdu ?
Je travaille sur moi pour ne plus être nostalgique justement ! En tant que circassienne, on a conscience que notre carrière n’est pas éternelle. Quand on utilise à ce point son corps, on se rend compte encore plus du temps qui passe. Parfois, c’est dur d’imaginer qu’on ne pourra plus faire ce qu’on aime. Mais je découvre d’autres choses comme mettre en scène un spectacle !

Qu’est-ce qui est perte de temps ?
Le tourbillon de l’administratif ; j’ai halluciné de la quantité de travail que cela représentait lors de la création, surtout la comptabilité ! Du temps stressant, qui m’a pris énormément d’énergie alors que j’aurais voulu le consacrer à autre chose.

Qu’est-ce qui a fait son temps ?
Le non-respect, la non-écoute, la hiérarchie verticale qui n’est pas bienveillante…

Que faites-vous tout le temps et qui vous définit ?
Je m’étire ! J’ai besoin régulièrement de faire des équilibres pour me recentrer.

Si vous deviez vous rappeler un temps fort ?
La première du spectacle car c’était très mouvant ! Le dernier moment d’un processus tellement intense… J’ai senti le public vraiment avec moi, je me rends compte que ce spectacle peut toucher des gens et j’adore le jouer ! Il y a un rapport direct avec le public, c’est très fort.

Il est temps de… prendre conscience de certaines choses ! On ne peut pas continuer comme ça que ce soit dans le domaine de l’écologie, de l’humain et du milieu du travail.

Distribution

Conception : Lucie Yerlès et Gaspar Schelck – Interprétation : Lucie Yerlès – Conception esthétique et régie générale : Gaspar Schelck – Conception sonore : Kélian Christophe – Costume : Margaux Vandervelden – Regard dramaturgique : Lorette Moreau – Regard scientifique : Lisa Choucroun – Regard chorégraphique : Leslie Mannes – Régie son : Léopold De Nève – Chargée de production et diffusion : Cécile Imbernon – La Chouette Diffusion

Coproduction : maison de la culture de Tournai/maison de création, Mars – Mons arts de la scène – Accueil en résidence : Maison de la création de Laeken, La Roseraie, Latitude 50, École de Cirque de Châtellerault, Le Palace – maison culturelle d’Ath, Centre culturel du Brabant Wallon, Le Monty, Archipel 19, Espace Catastrophe – Centre international de création – Wolubilis dans le cadre du dispositif au cube – LookIN’OUT, Aires Libres – Soutien : Fédération Wallonie Bruxelles – service cirque, rue, arts forains – Aide à la création et bourse : Un futur pour la culture – Remerciements : Lauryn Turquin, Agathe Meziani, Cynthia Harouni